• Laetitia Happy Family

Être maman quand on a perdu sa maman


C’était pourtant des mots qui avaient du mal à résonner « vrais » pour moi. 

Toute ma vie, avant qu’elle ne parte, je m’imaginais ces moments précieux avec elle. De l’annonce de ma grossesse à l’accouchement (oui elle était de celle qui voulait être présente). Je me voyais dans les boutiques pour les derniers achats, elle en train de me disputer car je n’allais sûrement pas prendre du « pratique » mais du « joli et design ».

Je nous imaginais, nous, 3 générations ensemble et elle, complément gaga de son petit-fils.

Mais la vie c’est un destin déjà tracé comme on dit, parfois même selon les croyances, un destin déjà écrit. 


Lorsque j’ai appris le cancer de ma maman je n’étais pas encore mariée, je savais donc pertinemment et au plus profond de moi que je n’allais pas la connaître « grand-mère ».

Que tous mes rêves depuis plus jeune, n’allaient certainement pas s’exaucer.


Mais elle s’est battue, si bien qu’elle a pu quand même connaître le père de ses futurs petits enfants, et je vous assure que les deux ensemble c’était un vrai sketch :-P

Et ce court instant de vie à 3 a été le moment le plus fabuleux pour elle.

Tout simplement parce qu’elle savait que nous nous étions parfaitement trouvés et que nous serions la clef du commencement d’une belle famille qui allait pointer le bout de son nez très vite. Qu’elle ne laissait pas sa petite fille seule.

Mon rêve aurait été de lui annoncer une grossesse, mais elle s’en est allée avant... 


Pendant les mois qui ont suivi son décès c’était une contradiction totale: moi la fille devenue femme qui voulait absolument retrouver ce lien fusionnel avec mon bébé, comme avec elle. Et moi la femme qui était encore une petite fille et qui n’arrivait pas à avancer seule, sans elle. 


Ma grossesse survenue 7 mois après son décès a été pour moi une fin de deuil accéléré. 

Je n’y pensais plus, même si mon cœur se brisait à quelques moments lorsque mon esprit repensait à elle.

Cette grossesse me faisait penser à autre chose. Vraiment j’étais heureuse et j’étais impatiente. 


Je pense n’avoir plus pleuré pour cette perte, pendant ces 7 mois où je me savais enceinte. Je vivais dans le futur et non dans le passé. Je voulais accueillir bébé en étant forte.

Chose réussie, je l’ai été, mais seulement quelques heures. 


À la maternité, j’ai été exemplaire, maternelle, avec cet instinct que je ne connaissais pas. Mais à souffle coupé dès que je voyais la porte s’ouvrir pour les visites, sans jamais voir passer ma maman. 

C’était dur, je savais que, outre les hormones, ce qui n’allait pas, c’était mon manque d’elle...


Je me suis accroché et demandé mon retour à la maison plus vite que prévu. 

J’ai voulu les premiers jours de vie de mon bébé y arriver seule. Je ne voulais aucune aide. Aucun conseil. C’était sûrement égoïste mais si je n’avais pas ma maman je ne voulais personne. Ça a été ma manière à moi de surmonter cette épreuve qui devait être pourtant l’une des plus belles de ma vie.

 

Quand j’ai réussi à refaire surface à savourer tout en oubliant, ça a été une évidence pour moi. Du bonheur que du bonheur, plus de pensées tristes. Plus de « mais pourquoi? » 


J’ai pu compter sur ma belle maman, qui dès la première rencontre avec la mienne, avait tout de suite repris le flambeau. Un seul regard aux soins palliatifs, avait suffi à ces deux femmes pour comprendre que l’une faisait confiance en laissant sa fille et l’autre rassurait en expliquant que sa fille serait comme la sienne à ce moment précis. 


Cette belle maman, je n’aime plus dire « belle » depuis des années car c’est ma maman, leur grand-mère, qui a, au final, exaucé tous mes rêves: 

C’est elle qui a fait le shopping bébé avec moi, qui m’a appris tous plein d’astuces pour bébé, que je vous transmets d’ailleurs quotidiennement sur Instagram

C’est elle qui m’a soulagé quand j’avais besoin de repos et que Papa Happy Family devait reprendre le travail. 

Et comme j’en rêvais c’est avec elle que mes enfants ont un lien indescriptible, qu’ils pleurent parfois pour rester chez elle après un long repas familial.

Je fais ce que j’ai rêvé, je boude quand elle me dispute d’être trop sévère avec eux. Car oui on le sait une grand-mère, c’est beaucoup plus cool qu’une maman. Et j’aime ça. 

J’aime cette vie. Même sans elle, ma précieuse et douce maman.


J’ai appris à aimer cette vie même sans elle.

J’ai appris à être maman même sans elle, grâce à une autre.

Chaque naissance, chaque anniversaire de mes petits me font rappeler qu’une de leurs grands-mères manque à l’appel. Mais j’ai appris à changer mon état d’esprit, pour mon bien et celui de ma famille. Je ne pleure plus, je ris.


Je ris en m’imaginant lequel de mes fils allait être son chouchou (par période bien sûr :-P), lequel allait le plus la taquiner, l’embêter, lequel allait le plus lui faire des cheveux blancs aussi.


Mes enfants ont certainement été un remède, une guérison, mais ma belle-famille, leur autre grand-mère a été d’une aide indescriptible. 


Je profite de mes enfants, de ma famille, mais j’apprends aussi aux enfants à profiter de moi leur maman, car je veux qu’ils n’aient aucun regret si je dois partir, comme j’en ai eu avec ma maman. 


Tout n’est qu’éphémère, même une maman.


Laetitia Happy Family 

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